Only sorry that Reviewer Scribble gave the film just three stars because of a bit of hiss on his/her soundbar.
As for A N Wilson’s one star rating, obviously he/she believes that old age alone makes for a great film critic. Pity he/she didn’t take the trouble to spell Matthew McConaughey’s name correctly.
Ecrivain, travailleur manuel n’ayant pendant longtemps pas du tout t dans le milieu du cinma, devenu disciple de Roger Corman, John Sayles s’est fait connatre dans la premire moiti des annes 80 avec des petits films comme The Brother from Another Planet (1984). Il avait cependant ds le dpart une grande ambition : le film susnomm par exemple ne fut ralis qu’en raison d’un manque de financement pour celui qu’il souhaitait consacrer au massacre de Matewan , qui deviendra son opus suivant, Matewan (1987) ; un autre de ses projets de longue date tait un film sur un des pisodes les plus connus dans le monde du sport amricain au 20me sicle, le scandale des ‘Black Sox’ en 1919, ou comment certains des joueurs de l’quipe des White Sox de Chicago se laissa soudoyer par parieurs et truands afin de perdre les World Series contre l’quipe de Cincinnati : c’tait le genre de projet qui tranait depuis bien longtemps dans les couloirs de Hollywood sans qu’un film arrive jamais se monter, et Sayles est bien celui qui a russi briser la maldiction. Alors qu’il ne semblait pas le plus indiqu pour raliser ce genre de films, alors que son budget tait loin du compte pour un film d’poque ncessitant un casting plthorique, mme si le film n’a rencontr qu’un tout petit succs l’poque de sa sortie, Eight Men Out (1988) est considr par certains comme l’un des meilleurs films jamais raliss sur le / autour du base-ball.
Par la suite, John Sayles a continu son bonhomme de chemin de ralisateur amricain indpendant, avec des rsultats variables mais toujours au moins en partie attachants. Son film suivant, City of Hope (1991), au rcit entremlant l encore de nombreux personnages, le montrait plus que jamais attentif aux relations entre communauts. Passion Fish (1992) et The Secret of Roan Inish (1994) le voyaient regarder un peu ailleurs, pour deux beaux rsultats. Avec le suivant, Lone Star (1996), il parvenait largir un peu son public en revenant aux fondamentaux du western et en dpeignant nouveau des rapports inter-communautaires complexes — ce qui n’tait que justice tant le film, certes pas parfait, est ambitieux et aimable.
Lone Star, c’est le nom donn l’Etat du Texas, celui qui a lutt pour rester indpendant vis–vis du Mexique et qui, dans les annes 90, est devenu un Etat multi-communautaire dont certaines villes et certains comts au moins sont en passe d’tre contrls par les Hispaniques. L’toile esseule, c’est galement celle que l’on trouve un jour prs d’un corps enterr dans la terre poussireuse depuis de nombreuses annes, qui pourrait tre celle du sheriff de la ville voisine, connu pour tre violent et corrompu. Et si ce sheriff avait t abattu par son adjoint, celui qui est ensuite devenu sheriff de la ville, l’encore trs aim Buddy Deeds ? C’est ce que va chercher savoir le nouveau sheriff de ladite ville, son propre fils, Sam Deeds. Sayles choisit pour personnages majeurs des reprsentants des trois communauts dominantes (blanche, noire, latino) d’au moins deux gnrations diffrentes, sinon trois : Sam, la lutte avec la mmoire de son pre — tout le monde lui faisant en outre sentir qu’il n’a pas la mme toffe que lui — ; une notable commerante, sa fille devenue institutrice et ses enfants ; un tenancier de bar, son fils devenu militaire qui vient d’tre nomm l alors qu’il ne souhaitait plus jamais revenir et encore moins revoir un pre qui les a abandonns, et son fils lui. La faon dont le script de John Sayles entrelace les fils personnels et l’histoire des relations intercommunautaires est tout fait russie. Le fait que Sayles ne soit pas amnsique et cherche creuser ce qui dans le pass non seulement refait surface (ou est de toute faon toujours prsent) tait, et reste, saluer dans un cinma amricain qui s’avre souvent superficiel sur le sujet et pose rarement autant de questions aussi pertinentes. La conclusion est de ce point de vue trs intressante dans un film comme celui-ci dont toute la perspective semble tre de ne pas vouloir laisser dormir le pass : ‘Forget the Alamo’, ou comment appeler dpasser ce qui a fait l’histoire mouvemente du lieu, et en particulier la faon dont les relations entre les Etats-Unis et le Mexique ont volu en marquant la division jusque dans la cohabitation.
John Sayles n’est pas un gnie de la mise en scne, mais c’est un scnariste et ralisateur prcieux. Lone Star en est un des meilleurs exemples. Il n’y aura pas eu grand monde pour prendre sa relve et l’on sait qu’aujourd’hui il n’est pas si simple de continuer faire son trou de son ct comme lui a pu le faire dans les annes 80 et 90. Le bilan est en tout cas sinistre s’agissant de la disponibilit de ses films : Lone Star est puis dans toutes ses ditions dvd depuis un bout de temps ; City of Hope n’a mme jamais exist dans ce format ; Passion Fish a disparu corps et biens, etc. Matewan a heureusement quant lui fait l’objet de nouvelles ditions aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, y compris en blu-ray, mais celles-ci sont rserves aux seuls anglophones et il est grand temps que nous arrive une dition de ce calibre chez nous. Plutt que de nous ressortir toutes les sries B Z de la terre, ne pourrait-on songer rditer les rares voix franchement indpendantes qui se sont imposes des annes 70 aux annes 2000 ? John Sayles fait partie de celles-l, et il mriterait bien une petite remise en valeur, sans forcment attendre qu’il ait disparu pour cela.
*’Remember the Alamo!’ est une expression bien connue aux Etats-Unis, lie la volont d’indpendance des Texans vis–vis du Mexique. ‘Forget the Alamo’ est la dernire ligne de dialogue dans Lone Star.
EDITION DVD FRANCAISE WARNER
Master qui date bien, globalement trs moyen, avec une dfinition de l’image mdiocre. Audio et sous-titres en franais. Pas de supplment qui vaille. Vivement une meilleure dition, si possible galement en blu-ray et avec d’autres films de John Sayles
NB Cette petite srie sur John Sayles se penche sur : (1) Matewan ; (2) Eight Men Out ; (3) Lone Star ; (4) Passion Fish ; (5) Limbo.
MISE A JOUR 2024 : EDITION BLU-RAY OU 4K + BLU-RAY CRITERION (US ou GB)
Criterion a fait paratre rcemment une nouvelle dition de Lone Star, en dvd et pour la premire fois en blu-ray et en 4K. Aussi bien aux Etats-Unis qu’en Grande-Bretagne : cela vaut donc le coup de se porter sur l’dition blu-ray britannique pour tre certain de ne pas avoir de problme de lecture en fonction des zones, ou sur le 4K si l’on est quip. Je rappelle que pour distinguer les ditions amricaines et britanniques, on peut se fier normalement au fait que le certificat de classification (en l’occurrence 15) figure au recto de la jaquette dans l’dition britannique alors qu’il n’y a rien pour l’dition amricaine. Le problme tant que souvent l’image utilise pour les deux sur les pages diffrentes est la mme. Normalement, aussi, l’dition britannique est indique comme tant ‘UK only’. Si ce n’est pas le cas, mon conseil est d’aller sur le site britannique pour aller vrifier et ventuellement d’utiliser le code barre des fins de vrification sur le site franais.
Comme toujours avec Criterion, il faudra comprendre l’anglais : on pourra s’aider des sous-titres anglais mais c’est bien tout. Le master restaur a t supervis par le ralisateur et le chef oprateur et se situe videmment plusieurs crans au-dessus de celui des ditions dvd prcdentes. On trouvera comme toujours un livret avec un texte bien tourn et plusieurs supplments vido, en fait seulement deux entretiens raliss en 2023, celui avec le chef oprateur Stuart Dryburgh et celui avec Sayles. L’intrt de ces deux entretiens, en particulier celui de prs de 40′ avec Sayles portant sur Lone Star mais galement sur toute sa carrire de scnariste et ralisateur indpendant, compense largement le fait qu’il y en a moins que d’habitude pour une dition Criterion.
On notera galement, au titre des nouveauts de 2024 la parution d’un blu-ray de Matewan en France, chez Intersections. Une dition riche avec des supplments diffrents de ceux trouvables dans les ditions anglophones. Pas disponible partout, cette dition vaut qu’on la cherche un peu et sans trop tarder, Intersections concevant comme beaucoup aujourd’hui de belles ditions limites.
If you are reading this, presumably you know what you think of the film – I think it’s an unknown gem.
Having only seen it on DVD before (which is a pretty poor transfer even allowing for the format) I didn’t know what to expect – but this has been on my list of things I’d been hoping would get a better format release for ages.
Transfer is great, and it’s scarcely dearer than the blu ray (which is also included). If you love the film, you’ll be seeing it in a whole new light. Thanks, Criterion.
One of the greatest movies ever … beyond words.
Only sorry that Reviewer Scribble gave the film just three stars because of a bit of hiss on his/her soundbar.
As for A N Wilson’s one star rating, obviously he/she believes that old age alone makes for a great film critic. Pity he/she didn’t take the trouble to spell Matthew McConaughey’s name correctly.
Par la suite, John Sayles a continu son bonhomme de chemin de ralisateur amricain indpendant, avec des rsultats variables mais toujours au moins en partie attachants. Son film suivant, City of Hope (1991), au rcit entremlant l encore de nombreux personnages, le montrait plus que jamais attentif aux relations entre communauts. Passion Fish (1992) et The Secret of Roan Inish (1994) le voyaient regarder un peu ailleurs, pour deux beaux rsultats. Avec le suivant, Lone Star (1996), il parvenait largir un peu son public en revenant aux fondamentaux du western et en dpeignant nouveau des rapports inter-communautaires complexes — ce qui n’tait que justice tant le film, certes pas parfait, est ambitieux et aimable.
Lone Star, c’est le nom donn l’Etat du Texas, celui qui a lutt pour rester indpendant vis–vis du Mexique et qui, dans les annes 90, est devenu un Etat multi-communautaire dont certaines villes et certains comts au moins sont en passe d’tre contrls par les Hispaniques. L’toile esseule, c’est galement celle que l’on trouve un jour prs d’un corps enterr dans la terre poussireuse depuis de nombreuses annes, qui pourrait tre celle du sheriff de la ville voisine, connu pour tre violent et corrompu. Et si ce sheriff avait t abattu par son adjoint, celui qui est ensuite devenu sheriff de la ville, l’encore trs aim Buddy Deeds ? C’est ce que va chercher savoir le nouveau sheriff de ladite ville, son propre fils, Sam Deeds. Sayles choisit pour personnages majeurs des reprsentants des trois communauts dominantes (blanche, noire, latino) d’au moins deux gnrations diffrentes, sinon trois : Sam, la lutte avec la mmoire de son pre — tout le monde lui faisant en outre sentir qu’il n’a pas la mme toffe que lui — ; une notable commerante, sa fille devenue institutrice et ses enfants ; un tenancier de bar, son fils devenu militaire qui vient d’tre nomm l alors qu’il ne souhaitait plus jamais revenir et encore moins revoir un pre qui les a abandonns, et son fils lui. La faon dont le script de John Sayles entrelace les fils personnels et l’histoire des relations intercommunautaires est tout fait russie. Le fait que Sayles ne soit pas amnsique et cherche creuser ce qui dans le pass non seulement refait surface (ou est de toute faon toujours prsent) tait, et reste, saluer dans un cinma amricain qui s’avre souvent superficiel sur le sujet et pose rarement autant de questions aussi pertinentes. La conclusion est de ce point de vue trs intressante dans un film comme celui-ci dont toute la perspective semble tre de ne pas vouloir laisser dormir le pass : ‘Forget the Alamo’, ou comment appeler dpasser ce qui a fait l’histoire mouvemente du lieu, et en particulier la faon dont les relations entre les Etats-Unis et le Mexique ont volu en marquant la division jusque dans la cohabitation.
John Sayles n’est pas un gnie de la mise en scne, mais c’est un scnariste et ralisateur prcieux. Lone Star en est un des meilleurs exemples. Il n’y aura pas eu grand monde pour prendre sa relve et l’on sait qu’aujourd’hui il n’est pas si simple de continuer faire son trou de son ct comme lui a pu le faire dans les annes 80 et 90. Le bilan est en tout cas sinistre s’agissant de la disponibilit de ses films : Lone Star est puis dans toutes ses ditions dvd depuis un bout de temps ; City of Hope n’a mme jamais exist dans ce format ; Passion Fish a disparu corps et biens, etc. Matewan a heureusement quant lui fait l’objet de nouvelles ditions aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, y compris en blu-ray, mais celles-ci sont rserves aux seuls anglophones et il est grand temps que nous arrive une dition de ce calibre chez nous. Plutt que de nous ressortir toutes les sries B Z de la terre, ne pourrait-on songer rditer les rares voix franchement indpendantes qui se sont imposes des annes 70 aux annes 2000 ? John Sayles fait partie de celles-l, et il mriterait bien une petite remise en valeur, sans forcment attendre qu’il ait disparu pour cela.
*’Remember the Alamo!’ est une expression bien connue aux Etats-Unis, lie la volont d’indpendance des Texans vis–vis du Mexique. ‘Forget the Alamo’ est la dernire ligne de dialogue dans Lone Star.
EDITION DVD FRANCAISE WARNER
Master qui date bien, globalement trs moyen, avec une dfinition de l’image mdiocre. Audio et sous-titres en franais. Pas de supplment qui vaille. Vivement une meilleure dition, si possible galement en blu-ray et avec d’autres films de John Sayles
NB Cette petite srie sur John Sayles se penche sur : (1) Matewan ; (2) Eight Men Out ; (3) Lone Star ; (4) Passion Fish ; (5) Limbo.
MISE A JOUR 2024 : EDITION BLU-RAY OU 4K + BLU-RAY CRITERION (US ou GB)
Criterion a fait paratre rcemment une nouvelle dition de Lone Star, en dvd et pour la premire fois en blu-ray et en 4K. Aussi bien aux Etats-Unis qu’en Grande-Bretagne : cela vaut donc le coup de se porter sur l’dition blu-ray britannique pour tre certain de ne pas avoir de problme de lecture en fonction des zones, ou sur le 4K si l’on est quip. Je rappelle que pour distinguer les ditions amricaines et britanniques, on peut se fier normalement au fait que le certificat de classification (en l’occurrence 15) figure au recto de la jaquette dans l’dition britannique alors qu’il n’y a rien pour l’dition amricaine. Le problme tant que souvent l’image utilise pour les deux sur les pages diffrentes est la mme. Normalement, aussi, l’dition britannique est indique comme tant ‘UK only’. Si ce n’est pas le cas, mon conseil est d’aller sur le site britannique pour aller vrifier et ventuellement d’utiliser le code barre des fins de vrification sur le site franais.
Comme toujours avec Criterion, il faudra comprendre l’anglais : on pourra s’aider des sous-titres anglais mais c’est bien tout. Le master restaur a t supervis par le ralisateur et le chef oprateur et se situe videmment plusieurs crans au-dessus de celui des ditions dvd prcdentes. On trouvera comme toujours un livret avec un texte bien tourn et plusieurs supplments vido, en fait seulement deux entretiens raliss en 2023, celui avec le chef oprateur Stuart Dryburgh et celui avec Sayles. L’intrt de ces deux entretiens, en particulier celui de prs de 40′ avec Sayles portant sur Lone Star mais galement sur toute sa carrire de scnariste et ralisateur indpendant, compense largement le fait qu’il y en a moins que d’habitude pour une dition Criterion.
On notera galement, au titre des nouveauts de 2024 la parution d’un blu-ray de Matewan en France, chez Intersections. Une dition riche avec des supplments diffrents de ceux trouvables dans les ditions anglophones. Pas disponible partout, cette dition vaut qu’on la cherche un peu et sans trop tarder, Intersections concevant comme beaucoup aujourd’hui de belles ditions limites.
If you are reading this, presumably you know what you think of the film – I think it’s an unknown gem.
Having only seen it on DVD before (which is a pretty poor transfer even allowing for the format) I didn’t know what to expect – but this has been on my list of things I’d been hoping would get a better format release for ages.
Transfer is great, and it’s scarcely dearer than the blu ray (which is also included). If you love the film, you’ll be seeing it in a whole new light. Thanks, Criterion.